| It's in the water baby.. - and between you and me - |
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Lundi 5 février 2007 - 18:15
Lost in [paradise] [translation] (rayez la mention inutile)
Suvarnabhumi est un aéroport flambant neuf, fait d'acier, de béton et de verre, tout ce qu'il y a de plus moderne, malgré une quantité impressionnante de défauts de conception et/ou de réalisation (pistes fissurées, passerelles effondrées et une dizaine de terminaux hors service pour raisons de sécurité). Des kilomètres de couloirs, des escaliers roulants à peu près aussi longs, des magasins partout (Cartier à gauche, Chanel à droite). Une foule grouillante de touristes en transit, et plein de vieux, j'en prends peur. Le visa n'est qu'une simple formalité, qui ne prendra que quelques dizaines de secondes, vanne du douanier comprise: your visa has expired two weeks ago, mais non, c'était l'an dernier. Ho ho. À l'extérieur, la température est idéale, une légère brise, enfin, il n'est que six heures du matin..
La highway est à l'image de l'aéroport, titanesque, avec de longs tronçons encore en construction à des dizaines de mètres au-dessus du sol, chantier titanesque pour desservir une ville qui se veut titanesque. Mon chauffeur me rappelle un des traits caractéristiques de la culture thaïlandaise, ou plus généralement asiatique: la notion de ne pas perdre la face. À l'énoncé de mon adresse de destination -incomplète et mal orthographiée-, il me dira yes yes, i know where it is. Cinq minutes plus tard, je le vois s'exciter sur sa radio, l'entends prononcer plusieurs fois l'adresse en question, sortir son téléphone et passer quelques appels.. Il n'a absolument aucune idée d'où il va, donc, il se renseigne. Vingt minutes et un arrêt-je-demande-à -un-ami plus tard, nous voilà arrivés. Le temps d'une douche, me voilà dans les rues de Krung Thep Mahanakhon Amon Rattanakosin Mahinthara Ayutthaya Mahadilok Phop Noppharat Ratchathani Burirom Udomratchaniwet Mahasathan Amon Piman Awatan Sathit Sakkathattiya Witsanukam Prasit, alias Bangkok... En vrac. C'est une ville grouillante, même en pleine nuit ou de bon matin, des trottoirs défoncés, des rues pas mieux, une circulation -à gauche- parfaitement bordélique pour laquelle les feux rouges n'existent plus après minuit -ou quand il n'y a, au moins en apparence, personne-, des carrefours à traverser en "moutonnant" ou en prenant des risques, les deux n'étant pas incompatibles. C'est des odeurs omniprésentes, de celles de nourriture -enivrantes- qui donnent envie de goûter à tout, à celles qui donnent un léger haut au coeur, voire un début de nausée, en passant par les encens divers et variés, effluves de poubelles et autres parfums. C'est des marchés couverts ou flottants, entre étals de poissons, fruits de mer, gadgets, journaux, bijoux, étoffes et tissus de toutes les couleurs -j'en connais une ou deux ou trois ou plus qui deviendraient littéralement folles ici-, restaurants de rue, mais on ne peut pas vraiment parler de marchés, la ville entière est un marché géant. C'est des boui-bouis qui ne payent pas de mine, remplis de thaïlandais, synonyme de qualité et de tarifs corrects. Un sourire acueillant, beef, careful spicy spicy spicy!, pas grave, on tente le coup, et effectivement c'est spicy: une question d'habitude.. et il y a bien pire. Rendre les sourires, régler le déjeuner, 50 baths, un peu plus d'un euro. C'est building buildings partout, et quantité de gratte-ciels désaffectés dont la construction a été interrompue suite aux nombreuses faillites suivant la crise asiatique de 1997, ou quand le promoteur s'est rendu compte d'un défaut dans les fondations: on arrête tout et on reconstruit le même juste à côté. Pragmatique. C'est le skytrain, métro aérien rapide-automatisé-climatisé-propre-un agent de sécurité sur chaque quai, à chaque tourniquet, à chaque escalier, et des petites files d'attente parfaitement ordonnées devant chaque porte, en suivant bien les flèches marquées au sol. C'est des vendeurs de fruits à chaque coin de rue, oranges, melons, bananes, durians, et des étals de bouffe tous les dix mètres: brochettes, scorpions ou chenilles grillés, et tout un tas de spécialités que je serai incapable de nommer. C'est des seven-eleven tous les 50 mètres, et toujours le "ding-ding" caractéristique de la porte d'entrée. 7-11, c'est une chaine de supérettes d'origine américaine présentes un peu partout en Asie, et ouvertes, comme leur nom ne l'indique pas, 24 heures sur 24. Et j'exagère en disant tous les 50 mètres: c'est plutot tous les 30 mètres. On y trouve un peu de tout, chips, cigarettes, boissons sucrées (l'oishi honey-green-tea ou apple-lychee est vite addictif), ou alcoolisées (tout pareil pour le bacardi lychee), ces dernières n'étant en vente à emporter qu'entre 12h et 14h puis entre 17h et minuit. C'est le marché de nuit de Silom, toujours les gars qui te proposent des "sex dvd vcd sex sex porno dvd sex dvd dvd dvd", des dizaines d'étals de contrefaçons en tous genre, des fringues et sacs boss, d&g, vuitton, gucci, dior, prada, versace etc aux DVDs de séries américaines pas encore diffusées sur le vieux continent - à moi les deux saisons de Weeds. C'est des petits métiers partout, de ceux qui surveillent les parkings aux multiples portiers, même dans les petits hotels low-cost, aux cordonniers ou manucures de rue, sans compter les tuk-tuk et moto-taxi. C'est des ascenseurs sans étage zéro, le rez-de-chaussée correspondant à la touche "1". Toujours étrange la première fois. C'est des salons de massage partout, du foot massage complètement priceless dans les deux sens du terme, un vrai bonheur après des heures de marche, au massage intégral parfois plus que "hot". C'est Khaosan Road, quartier ultra-touristique qui n'a pas grand chose à voir avec le reste de la ville, mais.. autant se faire son propre avis. Une goutte de tristesse dans un océan de solitude, des centaines de touristes esseulés-dépités venus noyer leurs coups de blues entre anglais mal rasés dans de la bière Tiger pas chère: certains se sont crus dans La Plage, avec Leonardo, ils n'y trouveront que des arnaques à touristes, et un harcèlement permanent par un gang d'indiennes venues vendre des bracelets et des trucs qui font croaaa croaaa. C'est une ville dans laquelle on peut se perdre en étant le seul farang à des kilomètres à la ronde, errant dans des cités de bric et de broc tant bien que mal érigées sous une highway, ou acceptant une place assise sous les ventilateurs d'un temple en plein air accueillant une procession bouddhiste avec moines et musique traditionnelle. C'est 2000 ou 3000 m2 de boutiques "téléphonie" réparties sur un étage du MBK Center, et un vrai marché aux cartes prépayées, qu'on choisit selon le numéro, certains porte-bonheur vendus à plus de 50000 bahts (~1000!), oui, le thaïlandais est superstitieux. Pas moi, alors: +66 81 470 706. C'est des américains la soixantaine bedonnante, avec au bras leur "thai girlfriend" de quarante ans de moins, payée à la semaine, qui a parlé de tourisme sexuel ? C'est des pharmacies avec des médicaments empilés jusqu'au plafond, une odeur de camphre et le langage des signes pour faire comprendre qu'on veut de quoi calmer les piqures de moustique et soigner les méchantes ampoules aux pieds. C'est un taxi fou qui joue à GTA en vrai en réussissant à cartonner un tuk-tuk, un chien et un moto-taxi en moins de 20 minutes de course, sans trop de dégats quand même, un exploit pour celui qui conduit sans les mains, à contresens sur les boulevards - ben oui, y'a personne sur l'autre voie, ça va plus vite. Et heureusement qu'il n'y a pas de ceintures de sécurité à l'arrière. C'est un méchant coup de soleil malgré une pollution impressionnante, qui donne à toutes les photos en grand angle un effet de surexposition étrange, et qui devient un calvaire quand on se retrouve à attendre patiemment que le trafic s'arrête pour traverser une rue, bloqué entre deux autoroutes: elles ne sont pas, comme en France, limitées à la périphérie des villes, mais les traversent de part en part, dans un enchêvetrement inextricable, sur plusieurs niveaux. ..Et un programme qui se construit au fil du temps et des envies; dans deux jours, l'air pur et les rues aseptisées de Singapour, dans quatre jours, la Malaisie, via Muar, Melaka, Port Dickson puis Kuala Lumpur, et dans dix jours, retour en Thaïlande, sur Chiang Mai. Après, on verra. Khrap!
Un commentaire:
une escapade en mi-journée studieuse, grâce à toi... enjoy et merci pour le voyage ! bises.
par lara (2007-02-07 13:53:27)
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