| It's in the water baby.. - and between you and me - |
|
|
Samedi 10 février 2007 - 10:52
(faits et préjugés)
Les Singapouriens font la gueule dans le métro, et travaillent sur leur ordinateur portable. Ceux qui ne sont pas occupés à regarder la TV sur des téléphones à me faire passer pour un arriéré avec mon iPod Nano flambant neuf regardent, dans un état quasi-hypnotique, les nombreux écrans plats diffusant en boucle un petit film qui, rappellant les attentats majeurs de ces dernières années à coup d'images sanglantes, demande instamment au bon citoyen de signaler aux autorités tout ce qui semble "suspicious", la délation est un art de vivre qui s'apprend dès le plus jeune âge. Surveille ton voisin, le Gouvernement s'occupe du reste.
Les Singapouriens sont sous surveillance permanente; en ville, je n'ai pas croisé un seul policier ou militaire, ni un quelconque agent de sécurité, juste des caméras CCTV à peu près tous les 30 centimètres, sans exagérer. À se donner envie de transgresser les Règles, juste pour voir ce qui va se passer, si quelque chose se passe, si un petit Big Brother, surveillant ses écrans de contrôle, caché au dernier étage d'un building anonyme, décrochera son téléphone pour m'envoyer une armée de policiers tombant du ciel comme dans Minority Report, ou si toute cette surveillance et ces omniprésents affichages d'interdits et leurs amendes correspondantes ne sont qu'une mascarade, un très efficace contrôle des masses par un moyen simplissime: la "terreur". Les Singapouriens sont "no fun", travaillent trop pour avoir le temps de s'amuser, de toutes façons, le Gouvernement s'occupe de tout, mais je l'ai déjà dit. Les passages cloutés Singapouriens sont chronométrés et millimétrés, les foules disciplinées au point d'amorçer le mouvement très exactement à la même seconde. Renseignement pris, je n'ai pas rêvé, si tu traverses en dehors des clous, les automobilistes accéléreront, pour te faire courir et bien te faire comprendre que tu as mal agi (espèce de terroriste!). Les Singapouriens respirent un air presque aussi pur qu'à [insérez ici le nom d'un patelin perdu au fin fond de l'Aveyron], mais à 30°C. Les quatre millions d'habitants de Singapour sont répartis en 80% de Chinois, 15% de Malaisiens et d'Indiens, le reste correspondant à quelques occidentaux expatriés. Les Singapouriens sont fan de fast-food, même si on y trouve une tripotée de restaurants servant à peu près toutes les cuisines asiatiques, et qu'on y mange *très* bien. La Singapourienne est définitivement charmante, moderne, raffinée, et joue sur les détails. Mais tu connais mon faible pour les bracelets de cheville, non, ne dis rien. Les Singapouriens sont très forts en eye-contact, très enclins à engager la conversation, et plus que causants, on ne m'avait jamais autant parlé/abordé. Mais tout se rapporte toujours à une seule chose: vanter les mérites et l'incontestable réussite économique de leur belle ville-ile-état-pays, qui en est au point de devoir s'agrandir en construisant des îles artificielles. Il serait peut-être plus économique d'envahir leurs voisins, enfin, je dis ça, je dis rien. Conclusion: j'en ai plein le cul, bye bye. Va voir en Malaisie si j'y suis.
3 commentaires:
les singapouriens sont des popups :)
par jean (2007-02-10 13:38:55)
Tiens, les St Petersbourgeois ont aussi des passages piétons chronométrés, avec des chiffres verts d'abord, et rouges clignotants quand il est temps de se presser si on ne veut pas mourir sous les roues d'une vieille Lada.
C'est peut-être un révélateur pour savoir si un pays est accueillant ou non... par Lola-Valérie (2007-02-10 22:56:18)
Punaise, mourir écrasé par une lada, c'est un coup à se faire bâcher ad aeternam au paradis...
par nacara (2007-02-11 00:43:30)
|
|